Dix ans depuis notre dernière sortie à Samoëns, une poignée d’irréductibles aérozorniens retourne dans cette vallée propice au vol libre. Les effectifs sont très réduit cette année du fait de prévisions météorologiques défavorables qui ont douché la motivation de nos membres. Heureusement il n’en fut rien comme nous le verrons plus loin.
A Samoëns, s’il fait beau, ça vole!
Cela s’est vérifié tous les jours, malgré les prévisions alarmistes de Météo-Parapente, que nous avons fini par ne plus consulter. Les hauts reliefs qui entourent la vallée la protègent efficacement des vents forts.

Nous arrivons samedi soir, un peu tard pour envisager un premier vol, en raison des bouchons en Suisse. Nous prenons tranquillement nos marques et admirons les nombreuses voiles qui transitent par le Criou jusqu’au coucher du soleil.



Dimanche
Sur les conseils d’un couple de Parisiens possédant une résidence secondaire sur place, nous commençons par une petite mise en jambes dans les anciennes gorges de Tines.
Belle randonnée, avec quelques passages équipés de mains courantes.





Après la randonnée, place au vol ! Nous montons au plateau des Saix et patientons jusqu’à obtenir de bonnes conditions. À ce petit jeu, c’est Michel qui s’en sort le mieux et pose finalement pour aller dîner au food-truck du coin.






Lundi
Vol-rando au plateau des Saix pour ma pomme. De la pluie est annoncée dans l’après-midi, mais elle arrivera finalement très tardivement et à une vitesse folle. Il faudra se méfier…
Après le vol, nous passons la soirée au cinéma à regarder L’Odyssée, de Nolan.
Mardi
Nous profitons de l’humidité ambiante pour admirer les paysages parsemés de nuages bas, à l’occasion d’une randonnée sur les hauteurs de Samoëns.
L’après-midi, nous faisons un petit plouf depuis le plateau des Saix.








En soirée, nous assistons à une course gastronomique et à un cour de salsa !

Mercredi
Montée à pied à la Bourgeoise, où j’apprends le décès de Rémi Bourdelle. Choqué, je décolle immédiatement et rejoins les autres pour un parawaiting mémorable au plateau des Saix.
Nous nous faisons chambrer par les biplaceurs, mais nous finirons malgré tout par effectuer un vol de durée sous un ciel entièrement couvert.




Le soir, Grand Michel remonte au décollage afin de retrouver ses lunettes. Sa dernière tentative de décollage se conclura par un roulé-boulé dans les fleurs et la bouse de vache.
Il est quitte pour redescendre en stop, de nuit, alors que plus personne ne se trouve au décollage. Heureusement, des jeunes travaillant au club le redescendent jusqu’à Annemasse, avant d’aller dépenser leur paie au casino.
Jeudi
Randonnée avec Patrick depuis le col de Joux Plane. Nous prenons la direction de la Bourgeoise et suivons la crête jusqu’à la pointe d’Angolon.
Nous déjeunons au bord du lac, faisons une petite sieste, puis Grand Michel nous rejoint pour décoller depuis la Bourgeoise.
À l’atterrissage, Laurie Genovese est présente pour les préparatifs de la compétition de marche et vol, la Peakrace.
Poulet rôti au dîner.








Vendredi
Pluie, vent fort et orages au menu du jour ce qui pousse petit Michel et Isabelle à retourner en Alsace.
Nous en profitons pour faire une lessive et quelques achats souvenirs.
La Peakrace a bien lieu malgré le mauvais temps. Les concurrents doivent effectuer une montée sèche jusqu’au plateau des Saix. Le premier mettra 54 minutes, alors qu’il m’en avait fallu deux heures le lundi !
L’après-midi, nous louons des vélos pour aller à Sixt. Ce fut dantesque, sous les orages ! De plus, l’accès est barré à la suite des deux décès provoqués par des coulées de boue les semaines précédentes.








Le soir, c’est lentilles, diots et carottes, puis visionnage du film La Stratégie de l’échec, de Tanguy Renaud-Goud, sur la place du village, en présence de l’intéressé et de l’un des réalisateurs.
C’est hallucinant de voir les risques pris pour une course à saucisson !
Tanguy raconte notamment un épisode de vol dans le foehn, avec un vario passant de +12 m/s à -10 m/s, accélérateur à fond.
Il vole entre deux cumulonimbus. Il s’est également blessé lors d’une autre course. Pourtant, lors des échanges qui suivent la projection, il annonce être candidat à la prochaine édition, avec l’objectif d’améliorer ses performances de vol et sa nutrition, tout en réduisant la taille de son équipe.
Sacré personnage, et sacré mental !
Samedi
Nous sommes rejoints par Lancelot, le fils de Patrick. Sur le papier, c’est une très bonne journée. J’anticipe le départ de la Peakrace en montant au Criou dès 8 heures. Les premiers concurrents me rattraperont dans les derniers mètres, rendus techniques par la pluie de la veille. De vrais animaux ! Impressionnant. Au sommet, le vent est bien présent. Il faut s’appliquer pour le décollage, mais la récompense est grandiose : un soaring à plus de 2 300 mètres, avec une vue à couper le souffle. J’hésite à essayer de les suivre, mais le vent me pousse à poser. Mal m’en a pris : l’après-midi, le vent se calme et il devient alors aisé de s’extraire, malgré un ciel voilé.




















Michel entre dans la légende puisque, une nouvelle fois, il se retrouve bloqué au décollage, dans l’impossibilité de décoller. Et, une nouvelle fois, il rentrera en stop tard dans la nuit, non sans me contrarier et m’empêcher de dormir…
Dimanche
Dernier jour. Grand beau et moins de vent annoncé. La compétition passe par la Bourgeoise et nous montons l’observer en stop. Les compétiteurs hésitent, puis poursuivent sur la crête afin de décoller de plus loin.
Charles de Beaufort en profite pour les narguer en décollant de la Bourgeoise et en se jetant sous le vent, mais dans la face sud-est. Il ressort facilement, ouvrant ainsi la voie aux retardataires. De notre côté, extraction facile et remontée au vent quelques heures plus tard, en compagnie des vautours.
Nous remontons une dernière fois au plateau des Saix pour un petit vol, avant de prendre la route du retour — sans bouchons cette fois !
À refaire !
Mais la prochaine fois, avec plus de fous !







